Il y avait ce jour là dans le ciel une bien vive animation :

Un petit oiseau qui savait déjà fort bien voler, avait décidé de monter très haut dans le ciel pour se poser sur le soleil, simplement pour profiter de son si beau sourire.

Le papa oiseau, la maman et le grand frère aussi, tentaient vainement de le raisonner et de l'empêcher de faire cette bêtise qui le ferait sans aucun doute mourir.

Pourtant, le papa oiseau avait été ravi de voir son enfant apprendre si vite à voler. Il en était même un peu fier et il lui disait toujours : "Le ciel n'a pour toi plus aucune limite !" L'enfant qui faisait une grande confiance à son papa était tout heureux des compliments et croyait en effet que le ciel lui appartenait un peu.

Au début du dessin, la petite fille blonde comme les épis de blé et couverte des couleurs de Printemps, n'avait pas vu tout de suite le drame qui se jouait dans le ciel. Elle fût toutefois surprise de trouver son cerisier inquiet avec toutes les cerises rivées vers le ciel, et elle entendait aussi les trois petites fleurs dire : "Retournons-nous, nous ne pouvons voir ce spectacle !"

Même la maison lui montrait le ciel du bout de sa cheminée, espérant qu'elle pourrait l'en empêcher. La petite fille compris alors que quelque chose de grave se passait dans le ciel.

Elle leva les yeux, juste au moment ou Chloé était en train de la dessiner. Le soleil, lui, était trop haut dans le ciel pour s'apercevoir de quelque chose. Il n'aurait sans doute pas gardé son grand sourire s'il en avait eu connaissance.

La petite fille comprit vite l'erreur du petit oiseau et devinait toute l'énergie du papa à tenter d'attraper son enfant pour le sauver encore. Elle se mit à sauter, à sauter, à sauter de plus en plus haut.

Ce que le dessin ne peut pas montrer, parce qu'il a été fini juste avant, c'est que la petite fille a sauté si haut qu'elle a réussi à cacher le soleil au moment même où le petit oiseau allait l'atteindre. Alors il s'est doucement pris les ailes dans les dentelles bariolées de la robe de la petite fille, et très vite elle le prit dans ses mains. La maison était aussi grimpée haut dans le ciel pour que la petite fille puisse se servir de sa toiture comme d'un toboggan et redescendre ainsi du ciel tout en tenant l'oiseau.

Le cerisier, lui, offrit sa plus belle branche pour que l'oiseau vienne y faire son nid, et il avait même promis qu'il laisserait suffisamment de cerises pour toute sa famille.

Les fleurs, elles n'avaient rien vu de tout ce qui venait de se dérouler sur le papier blanc, et le soleil non plus, lui qui continuait à sourire.

Mais très vite, tout le dessin s'est mis à sourire et même moi qui le regarde à présent, j'ai envie de sourire sur ce si beau dessin de Chloé.

Ce qui est étrange dans les dessins, c'est qu'il y a toujours une infinité d'histoires que l'on pourrait raconter, tant les enfants y mette de l'amour.

Cette petite histoire pourrait s"appeler : "Dans le dessin de Chloé ! "

 

 

Conteur de Mots...