Ma maison est un balcon, qui donne sur des barreaux en voilage léger que le vent fait continuellement bouger.

Souvent j'ouvre la fenêtre du balcon, je sors à l'intérieur pour y cueillir quelque couleur que je ramène dans les mots que l'on m'a dits, que l'on m'a écrits. Après, sur le balcon je les arrose, je les entretiens jusqu'à ce que, par la fenêtre parfois laissée entre ouverte l'une d'elle ne s'échappe... Je fais alors semblant de lui courir après.

Oh ! Combien j'aime la voir s'enfuir chercher une nouvelle vie. Sait-elle tout ce qu'elle m'apporte alors de rêve à vouloir la lui fabriquer ? Je pourrais être triste, et parfois je le suis, mais il y a toujours une petite joie qui m'en fait chercher une autre... de couleur. Pour en laisser partir une, c'est plusieurs autres que je ramène.

Alors sur le balcon, je les arrose, je les entretiens...

 

Ah oui, le soir quand il commence à faire nuit, je les veille et je ferme la grande fenêtre pour qu'elles soient dans la vraie nuit, et moi dans les couleurs je m'endors.

 

 

N'hésitez pas à écrire aux auteurs de ces mots et de ces dessins, ils seront ravis de vous répondre !

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