Il faisait frais ce matin. « Ca y est l'été fiche le camp ! « pensai-je quand un petit papillon blanc traverse devant moi pour se poser sur un muret près d'un escargot bien camouflé dans sa coquille.

 

- Tiens, que fais-tu là encore ? Ne sens-tu pas sur tes ailes de printemps le soleil moins fort ? La pluie va effacer leurs beaux dessins, les alourdies aussi et te laisser au sol ! lui dis-je comme si je m'adressai à une réelle personne.

 

Et parmi les bruits de mes pas, j'entends l'insecte me répondre : « Oh ! le vol d'un papillon est toujours un sourire d'automne parce qu'on sait bien qu'il ne va pas durer ! »

 

- Pourquoi n'attends-tu pas que le soleil soit plus haut pour commencer ton vol ?

 

- Vous aimez quand les papillons volent dans le soleil ?

 

- Oui, c'est une belle danse, à croire que vous êtes tous des fils et filles du soleil.

 

- Mais ce matin, je suis venu en fait pour dire au revoir à un ami . S'il n'avait eu cet été que du beau temps et un ciel sans nuage, je ne l'aurai jamais connu. Mais il a plu un jour et je l'ai rencontré mon ami l'escargot.

 

- Est-ce celui qui est là tout près de Toi ? Ah ! c'est pour cela que tu es venu te poser sur le muret...

 

- Oui, mais il est un peu tôt et le ciel est trop bleu pour qu'il sorte de sa coquille. Moi je dois partir bientôt avant que les orages ne lave tout le ciel et les papillons avec.

 

- Je te laisse alors, tu as sans doute des choses à lui dire. Bon vol ami, que ton vol te mène ailleurs où le soleil sera encore au printemps !

 

- Au revoir ! me dit-il

 

Je poursuivais mes pas et je tentais d'entendre ce qu'ils se disaient. L'escargot ne semblait pas parler, peut-être chuchotait-il juste devant sa porte entr'ouverte, mais le papillon lui je l'entendais fort bien .

 

- Bonjour ami, il fait soleil, reste donc chez Toi. Etonnant tout de même que mes joies soient tes douleurs, et que mes craintes soient parfois tes espoirs. Mais j'ai aimé tes mots, tes pas lents que je suivais parfois dans mon vol. Tes grands yeux levés vers moi pour t'assurer que je ne craignais rien, et tes demandes à la pluie de n'être trop sévère. Tu m'as parlé ce jour-là et je t'ai aimé d'amitié tout de suite. C'est si rare que l'un regarde un jour vers l'autre. Alors tu vois, je vais partir vers le soleil, peut-être croiserai-je quelques vols d'hirondelles ou de cigognes même...?? Je leur parlerai de toi. Voilà bientôt la pluie qui va s'installer dans le ciel d'ici et arroser la terre, tu vas vivre alors mes joies de l'été. J'ai déposé pour toi quelques grains de miel et même de lumière, tu les retrouveras sous les feuilles là-bas. J'y vais maintenant, ne sors pas de ta coquille tes yeux ne sont pas fait pour pleurer, ni les miens aussi, ils sont trop maquillés. Je reviendrai l'année prochaine et je retournerai dans ce jardin où je saurais te trouver.

 

Et il s'est envolé sans doute après ces mots...

 

Conteur de Mots...