Première partie : La petite fée.

 

Une petite fée curieuse, assise sur le bord d'une planète, rêvait de descendre un jour jusque sur la Terre qu'elle apercevait beaucoup plus bas comme un joli point bleu et lumineux.

 

 

Ah ! se disait-elle, il a bien de la chance le Père Noïel* (* Note de l'auteur : Avant de poursuivre, il faut que je vous dise quelque chose. Noïel, ce n'est ni une faute d'orthographe, ni une faute de frappe, mais c'est ainsi que la petite fée appelle le Père Noël. J'avais tenté, dès les premiers mots de lui dire que l'on disait Noël et non pas Noïel, mais elle en avait été tellement déçue et attristée que j'ai craint qu'elle ne quitte l'histoire... Et se priver d'elle pour un petit « ï » en trop aurait été dommage. Je vous remercie pour elle de ne pas dire Noël mais bien Noïel. Voilà, on peut poursuivre maintenant). Il a donc bien de la chance avec ses rênnes d'y aller tous les ans ! Qu'est-ce qu'il peut bien se passer sur cette planète là-bas ? Et les petites filles fées sont elles sages ou espiègles ?

 

 

Balançant ses pieds dans le vide, les mains calées sous ses cuisses, elle laisse son regard se perdre sur ce minuscule point bleu.

 

 

La petite fée connaît trop bien sa planète, qui n'est pas bien grande. Maintenant elle n'a plus rien à découvrir et s'ennuie un peu. En fait ce n'est pas SA planète mais c'est celle du Père Noïel. Oui, le Père Noïel ne rejoint la Laponie que quelques jours avant Noïel, et le reste du temps c'est ici, sur cette planète qu'il se repose et se prépare. Il n'y a ici que des lutins, des rênnes, quelques ateliers, deux ou trois chercheurs de rêves, des facteurs, beaucoup de facteurs, et une fée. La seule fée c'est elle, mais elle n'est pas vraiment d'ici. C'est l'année dernière qu' elle était tombée d'un livre juste avant que le Père Noïel ne parte, et le livre est parti sans elle. « Il doit être bien ennuyeux à lire sans moi » s'amuse-t-elle à dire quand elle en parle, mais poursuit-elle un peu triste « Quand même j'aurais bien aimé restée dans le livre car je serai maintenant l'amie d'un petit garçon ou d'une petite fille... »

 

 

C'est le Père Noïel qui lui a donné le nom de Curieuse, parce qu'elle veut toujours tout voir, tout connaître et, dès qu'elle connaît tout, elle veut connaître autre chose.

Elle est là maintenant dans son rêve au bord de la planète. Soudain elle entend qu'on l'appelle.

- Curieuse ? Curieuse où es-tu ?

Elle reconnaît la voix du Père Noïel : « Je suis là, j'arrive Père Noïel ! » Elle se relève, arrange sa jolie robe de fée et accourt vers le Père Noïel qu'elle aperçoit devant la porte de sa maison avec sa pipe à la main.

- Père Noïel, n'aviez-vous pas dit que vous cessiez de fumer ? lui dit-elle.

- Mais, je ne fume pas, regarde elle n'est même pas chaude. Je constate que tu me surveilles autant que la Mère Noïel ! dit-il de sa voix rauque et rieuse. Non, en fait ma pipe a été si longtemps ma complice que je n'ai pas le c¤ur à la laisser seule, alors je la prends avec moi, et je continue à méditer avec elle. Je la mets parfois à la bouche mais sans tabac, souvent je la caresse comme on le ferait avec un petit animal...

 

 

Elle sourit. Il poursuivit sa phrase :

- Tu sais un vieux Père Noïel ça ne se refait pas comment cela╔ comme par un coup de baguette magique !... Oh ! pardon Curieuse, je n'ai pas fait exprès... dit-il en posant sa main sur la tête de la petite fée.

Le sourire de Curieuse s'échappa à entendre les derniers mots du Père Noïel. En effet, quand Curieuse était tombée du livre, sa baguette magique était restée dedans. Elle n'était maintenant qu'une petite fée sans aucun pouvoir, et cela la rendait triste.

Le Père Noïel, conscient de la peine qu'il venait de rappeler à Curieuse était embêté. Il mit sa pipe à la bouche, fronça les sourcils... cherchant une solution pour que sa petite fée, même curieuse redevienne une petite fée toute gaie. Il savait aussi que le jour, où il trouverait l'idée, avec ou sans la pipe, elle redeviendra une vraie fée, partira alors... mais le vieux Père Noïel, il s'est attaché à la petite fée, et discrètement il écrasa de son gros doigt une larme venue au coin de son oeil.

Il venait d'avoir une idée, et toujours embarrassé il lui dit : « Je ... Je cherchais... euh... Je te cherchais parce que cette année, nous n'avons toujours pas fait le sapin de Noïel. J'ai pensé que peut-être tu voulais bien t'en occuper et le mettre dans mon bureau ? »

 

 

- Oh ! oui dit-elle tout heureuse.

- Vas donc prendre les deux lutins jumeaux pour chercher le sapin, et les décorations... Elles sont rangées au-dessus de l'armoire où je mets mon habit de Fête... A moins qu'elles ne soient en dessous ?... C'est la Mère Noïel qui a rangé tout ça l'année dernière, elle doit bien savoir où elle les a mises. Demande le lui donc !

Curieuse ne se fit pas répéter la demande et partit en courant. Elle prit par la main les deux lutins jumeaux alors qu'ils étaient en train de terminer d'emballer un jouet en bois et leur dit:

 

 

- Venez avec moi, c'est le Père Noïel qui l'a dit. Allez chercher une cognée et une scie... Euh non, plutôt une pelle, une pioche et un grand pot de terre. Ensuite nous filerons dans la forêt pour choisir le sapin du Père Noïel !

Rapidement les deux jumeaux réapparurent, l'un avec la pelle sur l'épaule droite, et l'autre avec la pioche sur l'épaule gauche, et tous deux tirés le gros pot de terre. Les voilà tous les trois partis vers la forêt aux sapins bleus. Ils en trouvèrent un, de leur taille et avant de le couper ils lui dirent : « Bonjour, petit sapin... Cette année c'est toi qui es choisi pour être décoré à la Noïel... Mais ne soit pas triste parce que tu quittes la forêt. Tu vas devenir si beau que tous les autres seront jaloux de toi, et surtout tu vas faire la joie du Père Noïel et de millions d'enfants, et puis dès les premiers jours de janvier, nous te ramènerons ici, dans la forêt magique et ainsi remis en terre tu deviendras le sapin qui connaît la joie des enfants et tu la raconteras aux autres. D'accord ? » Le sapin, même s'il était dans une forêt magique ne savait pas parler, mais au bruissement de ses branches, Curieuse comprit qu'il était d'accord. Avec beaucoup de précautions les deux lutins déracinèrent l'arbuste, et le posèrent avec soins dans le pot remplis de terre.

Ils l'amenèrent dans le bureau du Père Noïel... Et ils hésitaient tous les trois à trouver la bonne place. En définitive Curieuse trancha : « Ici, juste à côté du bureau ainsi, les lumières des guirlandes feront de belles couleurs aux lettres posées sur le bureau. »