- Oooouhh ! Ooooooooouuhhhhhhhhh ! Ouuuuuuuuuuuuuhhhh !...

Par ces quelques mots, le vent vantait le froid qui rendait tout si blanc et pourtant si doux.

Ainsi soufflait et s'enfuyait le vent en glissant sur la neige déposée toute la nuit durant par-dessus les champs, par dessus les collines et qui tombait encore. Devant lui un paysage endormi où toute vie était absente, où tout était ainsi suspendu.

- Oooouhh ! Ooooooooouuhhhhhhhhh ! Ouuuuuuuuuuuuuhhhh...

Ainsi parlait le vent au petit lapin blanc tapi au milieu de la neige et que seul lui voyait.

- Que fais-tu là petit lapin blanc ? - Avec mes grandes oreilles, j'écoute tomber les flocons sur la neige. Je suis si blanc que nul ne me voit pour me chasser à présent.

 

 

- Oooouhh ! Ooooooooouuhhhhhhhhh ! Ouuuuuuuuuuuuuhhhh !...

Ainsi parlait le vent au papillon blanc papillon d'hiver qui voletait dans la neige et que seul lui voyait. - Que fais-tu là petit papillon blanc ? - Avec mes grandes ailes, j'interroge les flocons avant qu'ils ne tombent sur la neige. Je leur demande si quelque part ils auraient vu mon ombre, je l'avais déposée au sol à l'automne passé et je ne la vois plus. Si je ne la trouvais bientôt, je crains de n'exister vraiment.

 

 

- Oooouhh ! Ooooooooouuhhhhhhhhh ! Ouuuuuuuuuuuuuhhhh !...

Ainsi parlait le vent à la pâquerette aux pétales blanches au-dessus de la neige et que seul lui voyait. - Que fais-tu là pâquerette au-dessus de la neige ? Qu'as-tu fait de ce coeur si jaune et si chaud ? - Je l'ai caché pour ne pas en mourir. Je ne suis sortie du dessous de la neige qu'avec mes seules pétales blanches pour n'être vue de personne et ne pas risquer de me faire croquer par quelque animal d'hiver.

 

 

- Oooouhh ! Ooooooooouuhhhhhhhhh ! Ouuuuuuuuuuuuuhhhh !...

Ainsi parlait le vent au renard qui courait après chaque flocons à en paraître fou et que seul lui voyait. - Que fais-tu là renard blanc à courir ainsi dans la neige ?

- Je cherche ma pitance et ne trouvant rien à manger, je me nourris des flocons tombant du ciel.

 

 

- Oooouhh ! Ooooooooouuhhhhhhhhh ! Ouuuuuuuuuuuuuhhhh !...

Ainsi parlait le vent à la biche légère laissant de fines traces sur la peau de la neige et que seul lui voyait.

- Que fais-tu là biche couverte de neige à sautiller sur chaque pas ? - Je cherche l'hherbe d'hier et ne la trouvant pas, ni même une felur d'hiver alors je me réchauffe attendant que ton souffle passe et l'hiver avec.

 

 

- Oooouhh ! Ooooooooouuhhhhhhhhh ! Ouuuuuuuuuuuuuhhhh !...

Ainsi la petite fille entendait le vent dans son rêve tout blanc. Elle y avait caché son coeur de pâquerette, ses plaisirs aussi doux qu'un petit lapin blanc, sa faim de vivre aussi aiguisée que celle du renard, son envie de courir aussi gracile qu'une biche. Le papillon blanc vînt se poser sur la fenêtre qu'elle ouvrit sans attendre... entrèrent avec lui des milliers de flocons venus se réchauffer sur la douceur de ses joues et fondre enfin. Le papillon qui les suivait encore s'y posa aussi pour boire cette eau pure. Elle fermait les yeux, dans son rêve tout blanc et sourit. Elle fît peur au papillon qui s'envola aussitôt tant était grand son sourire, mais dans sa frayeur le papillon eût une immense joie, son ombre le suivait à nouveau...

Conteur de Mots...